Argent, Rabais et Spiritualité

Les personnes qui sollicitent un accompagnement de ma part ne paient jamais pour l’éveil ou pour la spiritualité car je n’offre ni l’éveil ni la spiritualité (et ne les enseigne pas). Ces dimensions, tout comme celle du cœur, sont comme l’air que nous respirons; elles n’appartiennent à personne et ne sauraient être monnayées.

Lorsque nous nous rendons chez le médecin, nous n’achetons pas la santé. Nous lui versons des honoraires afin qu’il pose le bon diagnostic et propose le traitement adéquat. De la même façon, j’offre des éclairages et des savoir-faire permettant aux participants(es) de voir plus clair dans leur(s) questionnements et problématique(s) et de s’en détacher.

Je ne peux pas leur offrir ce qu’ils sont réellement mais je peux mettre en évidence les obstacles qui les maintiennent dans une forme de souffrance. Je ne peux ni les sauver ni leur donner l’amour, la joie, l’harmonie et la paix mais les aider à voir, à comprendre, à accepter et à dissoudre les éléments physiques, mentaux et émotionnels qui les en séparent.

Mon savoir-faire est double. C’est d’abord celui d’un long apprentissage dans le domaine thérapeutique, avec le souci constant de remonter à la source des problèmes. C’est un investissement important dans des études théoriques et pratiques, des diplômes et une longue expérience en cabinet. Mais c’est aussi le fruit de la connaissance de soi, d’un travail de 30 ans, de recherches empiriques et d’introspection qui m’ont conduit à voir «la grande image», au-delà de toute dimension thérapeutique.

Certaines personnes pensent que mes services leurs sont dûs sous prétexte de « spiritualité ». Elles tentent parfois de négocier, invoquent la raison du « cœur », avancent des arguments financiers ou « spirituels » et finalement s’énervent et deviennent agressives parce qu’elles n’obtiennent pas ce qu’elles veulent. Elles se mettent ensuite à juger, à critiquer et à rabaisser tout ce qui est fait ici sous prétexte que ce n’est pas gratuit (Nous ne répondons plus à ce genre d’email…).

Ces savoir-faire, pour lesquels je n’ai pas hésité à investir mon temps, mon argent et mon énergie pendant des années, sont ceux que je monnaie pour mes services « d’accompagnant ». (Je vis sur mon salaire, paie mon loyer et les impôts et ne possède pas de maison.) Tout comme un dentiste, je m’occupe des carries de mes patients afin qu’ils puissent apprécier ce qu’ils mangent (leur vie) sans souffrir inutilement. Je ne vends ni « l’éveil » ni n’exploite l’aspiration à ce dernier à des fins pécuniaires. Je m’occupe de la seule chose dont on peut parler, à savoir : nos obstacles à vivre et à être. (C’est un travail que j’exerce en activité accessoire, à côté de mon gagne-pain principal dans le domaine de la reconversion professionnelle.)

Si nous rechignons parfois à payer ce type de services, c’est sans doute parce que la spiritualité a souvent été associée à la pauvreté (la compensation des pauvres). Ensuite parce qu’il nous faut non seulement ouvrir notre portemonnaie mais aussi payer de notre personne… Et pourtant, acquérir une bonne compréhension de nos mécanismes intérieurs, voir clair dans ce qui nous fait souffrir, prendre conscience de ce qui nous sépare de nous-mêmes et gagner des années d’errances et de tourments grâce à l’aide d’un accompagnant n’a pas de prix. C’est une question de priorité.

Tout a un prix dans cette existence et la vie spirituelle n’est pas séparée de la vie pratique.

“Si vous pensez qu’un séminaire coûte cher, songez au prix de l’ignorance”      Ray Kroc

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